Tuesday, May 16, 2006

Chés DESSAKACHES/Les EXTRACTIONS et La G.P.M : Grande Picardie Mentale

- G.P.M Heartbreak-
(coeur brisé de la Grande Picardie Mentale)
photo : Pascale Parent
"Que le silence, cette nuit, vous donne sa paix bleue
et notre terre sa chaleur"
Loïsa Paulin.
- BLEUSE BORNES -
À propos de Chés DESSAQUACHES* et de La G.P.M
notes extraites de la pochette du c.d -DALLACHES- paru en 2001
Introduction à la G.P.M/Grande Picardie Mentale.
Chés DESSAQUACHES sont issus de la rencontre en 1996 de Christian-Edziré Déquesnes (chant) et Thiote Pouche (guitariste de blues). Déjà, après à peine 5 années d'existence le groupe avait d'une certaine manière repris et développé musicalement, poétiquement - n'ayons pas peur du mot - le chantier underground du renouveau de ce que C.Edziré a nommé la G.P.M/La Grande Picardie Mentale.
Cette G.P.M, alors non nommée, il y a plus de 30 années, deux énergumènes avaient entrepris de la faire vivre et émerger des boues sablonneuses de Berck-plage (62), d'entre les derniers pavés de Montreuil/Mer (62). Ivar Ch'Vavar & Konrad Schmitt -issus du mouvement surréaliste du lycée de Montreuil/Mer -1962/1973 - s'emparent alors de la langue picarde et offre au Nord de la France, une espèce de grand Déméningement...
Konrad Schmitt, après avoir vomi de ses tripes mentales des ébauches de livres - Ch' conbaùt feinal in Picardie, Ayure intotchè-ye...- et moins d'une quinzaine de chansons intemporelles d'une force inouïe, se vautre dans l'anonymat laissant là une oeuvre unique, inachevée certes mais rare. Elle porte en elle âme et messages de La G.P.M.
Alors jeune poète bercquois Ivar Ch'Vavar d'emblée perçoit l'importance de ce chantier laissé en friche. Il recueille avec amour l'essentiel de la production de K.Schmitt (écrits, bandes magnétiques enregistrées, dessins, peintures...) afin qu'elle ne soit pas éparpillée, reléguée en une tombe sombre de l'oubli définitif que l'officielle, "belle & légitime" culture de France réserve depuis plusieurs siècles à ses plus authentiques bardes, trouvères et autres troubadours.
25 années passent avant qu'Ivar Ch'Vavar... -depuis il vit à Amiens, il y devient un "horrible travailleur" en poésie, acharné comme un ouvrier en son jardin les jours de repos-... ne reçoive au courrier une lettre de C.Edziré. Suivent une coprrespondance et une rencontre véritable qui vont initier l'émergence de Chés DESSAQUACHES. Très rapidement Ivar Ch'Vavar avec bienveillance encourage, soutient, éclaire le projet du duo qui est de faire revivre à sa manière le chantier que C.Edziré baptise La Grande Picardie Mentale et d'offrir à cette dernière une expérience dont elle n'a jamais encore bénéficié, à savoir un "bazar" -dallaches- à la fois blues et picard, rock et rural, tout autant acoustique qu'électrique et éclectique. Une seule expression dès lors s'impose pour nommer cet accouchement à la fois physique et cérébral -DEL BLEUSE-.
Le temps des extractions et du grand dallache
Très vite les premières compositions sont "dessakées"/sorties des tripes. Ce sont notamment une émouvante célébration de la mémoire des silicosés "Canchon ed l'escayeus", "L'jus dë zz'ames" ou "Coqleus" une dédicace -ducasse- vers K.Schmitt et ses tourments (notamment avec des patoisants locaux ; C.Edziré d'ailleurs devra supporter, jusqu'à même sur son lieu de travail, les mêmes affres.).
La suite ne se fait attendre Ivar Ch'Vavar transmet au groupe d'ancienne bandes magnétiques et plus 10 textes de chansons de K.Schmitt. Ivar a l'intime conviction que les garçons "dessakeurs" de la cité de GAYANT -géant en picard- sauront bien en faire quelque chose. Bientôt trio... (entre temps a surgi Flùp Cola, un "jonne boyo rouje" qui s'allie au duo ; à coups de guitare rythmiques et lapidaires il électrifie irrémédiablement le chantier de Chés DESSAQUACHES... Ils enrichissent leur répertoire de plusieurs chansons de K.Schmitt qu'ils réactivent par des relectures personnelles et contemporaines : "Canchon dech'l airignie", "Cho'r reuleuse", "Intermint", "L'vint i soufe... No.é".
Dans la foulée c'est le temps des premières apparitions en concert, en mai 98 le groupe s'investit également dans la production/publication du livret de textes inédits de Konrad Schmitt "Canchons & Chansons" (depuis épuisé) aux Secondes Editions du K. (un mini c.d/limité (aujourd'hui introuvable) accompagnant le tirage de tête.) Ils composent de nombreux nouveaux titres aux nuances multiples : nostalgie et mélancolie sur "Su chés ducasses", écorché, saignant, expiatoire c'est "Toussint-ducasse por FRANCIS BACON", dépouillé la berceuse faussement sereine "Bleuse Berdhoùle Bercq Blues", évidente et béate éclaboussure "Eclichure dech'l évidinche", fraîcheur et vitalité communicative avec "AFES-SKA-MINIER/L'maezon qu'ale s'infonce". Une grande richesse de variations d'ambiances et d'émotions qui avec l'arrivèe de Tilmond Mazurel -guitariste, artisan-bidouilleur de sons et supporter fidèle des toutes premières heures- seront développées avec encore plus de sensibilité, Tilmond permet au groupe de devenir une vraie machine de scéne notamment lors de quelques concerts, parfois bien tumultueux, pour lesquels ils n'hésitent pas à s'adjoindre la complicité de jeunes musiciens de passage (Vincent Farasse/violon à Isbergues, Thomas Suel alias "Ch'garchon-vélo/batterie au C.C.L de Lille et G.A.Q de Béthune).
En octobre 2000 Thiote Pouche quitte le groupe qui décide de poursuivre en trio... jusqu'en 2002. Par la suite C.Edziré forme successivement deux autres groupes Chés Eclichures/Les Eclaboussures-une fulgurence punk et picard, imaginez The Fall made in Nord/Pas-de-Calais- et surtout, sur la période de 20032004, l'incroyable duo électro-punk-pikar (2)BROKES/(2)HEMORROÏDES dont il existe un torride mini c.d 5 titres et un album en public assez remarquable aussi.
à suivre...
Fideline Hayure.

La G.P.M : Grande Picardie Mentale, trois mots, une expression qui se sont imposés à mon esprit et un concept que j'ai développé lorsqu'en 1996 j'ai commencé à découvrir par les biais de la première édition de CADAVRE GRAND m'a raconté... et des revues L'invention de la Picardie, Le jardin ouvrier, l'oeuvre d'Ivar Ch'Vavar.
C'est surtout L'invention de la Picardie qui m'a donné à avoir cette vision de La Grande Picardie Mentale et c'est de la sorte que l'on peut résumer le territoire à la fois culturel et linguistique qui s'étend du Nord de Paris (L'Oise) jusqu'aux frontières franco-belges et des côtes de La Manche, La Mer du Nord jusqu'à la Wallonie. Un territoire, toute une vaste zone francophone (de vieux français) dont les authentiques richesses sont encore trés méconnues (voir enterrées)
- qui se souvient de Théophile Denis, Florian Duc ou Géo Libbrecht ? (quelques uns des plus précieux poétes picards des siécles derniers.)
- qui connait vraiment les oeuvres vivantes de Pierre Garnier, Lucien Suel et Pierre Ivart ? ou les "horribles travaux" de Pascal Lenoir, Alain Marc ?
- qui sait les Iguanodons de Bernissart dans le Borinage ?
- et Arthur Rimbaud et La lettre du voyant à Douai.
-et Paul Verlaine à L'Ecluse.
-et la maison de St Benoît Labre à Âmette.
-et l'abbé Lemire à Hazebrouck.
- Augustin Lesage, Crépin, Robillard... hautes figures de l'art brut natives du Nord/Pas-de-Calais.
-La Cantilène de Sainte Eulalie.
- les trouvéres Adam de Halle, Jean Bodel d'Arras, Conon de Béthunes.
... autant d'éléments, de mythes, d'hier et d'aujourd'hui,... et bien d'autres choses encore qui font et (re)fondent La Grande Picardie Mentale.
À suivre... et voir aussi Ti, li, mi... une vision de C.Edziré
sur Téméo en tourbe de b(l)og
http://tousnosjourssontunpoeme.blogs.com
X'tian-Edziré Déquesne

1 Comments:

Blogger jerry profond said...

Salut Christian!
Je garde un souvenir impérissable de te prestation avec Ches Eclichures à la malterie,et de ta gentillesse quand tu m'as invité chez toi à Douai après le concert d'Arno.J'aimerai beaucoup reprendre contact avec toi(si tu te souviens de moi...!).Voici mon mail:
jerryprofond@free.fr
Merci d'avance!
Jeanbenoît

10:27 AM  

Post a Comment

<< Home