Saturday, November 19, 2005

TéMéméThéo d'Arno en Ancienne Belgique

"...Donnez moi
Donnez
Que je puisse décrire nos temps
d'intempéries
Donnez-moi
Donnez
Le juron la tempête le cauchemar et l'amour..."
Dusan Matic*
Arno Hintjens et la météo marine
Tristan Felix/Christin Edziré Déquesnes
BAZOOKA JOE
Souvent on roulait vers la Belgique toujours pour la Flandre 04 juillet 1981
Sous vent de gifle
cinq doigts d'Hector Pascal
en rafale de basse continue
au nord du nord par sangle d'épaule nue
avis de tempête au visage
Eve-Lyn, Fred mon jeune frère, Alain le garçon en noir de Paris, Jain Luck, Benoît... tous en route pour découvrir sur la ccène d'un festival estival tous ces rocks du jour... pour moi The Undertones, déjà mes préférés
retour par courant dextre destrier
caballero cante à brique
issu d'York roc à pic
Magdalena sans phare se creuse
au matin d'Eve rugissante accalmie
En ouverture des hostilités c'est un gang flamand, équipage ostendais qui surprend ouvrant le feu avec à sa tête pareil à Til l'espiègle un chanteur fougeux -jeune taureau balancé dans l'arène façon Peter Pan en rut- ARNO HINTJENS il nous assaille façon "coït-profond"/On est tous des soeurs, tous des frères ! De toutes parts il nous "baise" : "C'est la musique pour le cul et la tête, ensemble !" T.C . MATIC, le groupe qui l'accompagne est pareil à une Ford Mustang
ouragan-tangue force sept
forceps d'aisselle contre marquise
contre ut chair grand avis de bière
au large de Mary et de Lyn, ophélides
misfits en robe de pur sang
La Ford Mustang distinguée et furieuse conduite, impériale, par Steve Mc Queen et qui dévale -princesse- au travers des rues de San Francisco au beau milieu du surprenant Thriller Bullit
cette nuit nouvel avis d'écueils
autour de la zone des hantises
pour tous les vents de fièvre
mer bouillante à glaçante prévue
puis fort coup de frein en queue de cavale
Eh beh ! Oui, donc O la la ! la voilà la surprenante "musique pour le cul et la tête, ensemble" d'un inattendu T.C MATIC
se déplaçant par toute la mer du corps
de haute à basse altitude
brume paralysante
devenant méduse par grand froid
puis toile de blues en pire
Je suis tout estabodi par le dandy Arno le flamand bleu d'Ostende c'est BAZOOKA JOE... (titre du premier enregistrement sur "une complication de vinyl" de rock made in Belgium) ...rageur et surréaliste Arno se délivre toutes tripes ardentes extripées et balancées à la face d'une foule ébahie. Le cirque est épileptique ; c'est une longue déchirure qui grimpe aux cieux, en moi la naissance d'une émotion que je ne retrouverai qu'une dizaine d'années plus tard dans le sac de mon sang au coeur de mon errance -02 août 1995- au beau milieu de l'exposition rétrospective à la fondation Maeght, consacrée aux "saintes horreurs" peintes par Lucien Freud et Francis Bacon
dérivant localement la plaie
s'approchant des côtes
nuitamment gagne tout le pourtour du coeur
crève d'ouest en est
coule des Flandres
Puis l'un des jours qui suit ce festival "dévaller" à Kortrijk/Courtrai et histoire de démucher ce fabuleux disque petit 45 tours O LA LA LA C'est magnifique ! du T.C. Matic. Ce groupe de "rock" flamand et leur chanteur entrent dans ma vie ; c'était au terme de ce premier concert -04 juillet 1981- (il y en a eu tant d'autres !) J'en ai la conviction, il ne CE peut pas en être autrement tantôt et même si c'est bien plus tard Arno Hintjens sera (re)connu comme un classique et un inflexible un grand valable célèbre pour tout SON "bazar" "Quel BAZAAARR!" comme il aime à le dire...
avis sans balise
alizés perdus ni bouée
hoquet de gosse ensangloté
Joe désire il...
(la météo marine d'Arno a été consultée par T.F. à travers le texte de Ch. au bord des conches asphyxiées d'un marais sauvage, en espérant la pluie de la Toussaint 2005.). Ce poème a été publiè, sous une autre forme peu-être plus "organique" dans le n°2-printemps-été 2006 de LA PASSE-une revue des langues poétiques- contact : Philippe Blondeau 38, rue Lucien Lecointe, 80 000 Amiens (F)
*Dusan Matic (1898-1982) est la figure la plus marquante du surréalisme serbo-croate. lié à Breton, Eluard, Aragon, Péret..., il les fait connaître au public yougoslave, dès 1930, notamment dans l'almanach Nemoguée-l'Impossible. En 1931, avec Oskar Dvico, il fonde à Belgrade la revue surréaliste Nadrealizam dans i ovde (le Surréalisme aujourd'hui et ici). C'est le début d'une activité littéraire brillante qui restera marquée jusqu'à la fin par l'esprit du surréalisme par-delà sa lettre. Dusan Matic a su être l'un des plus fervents messagers de la littérature française en Yougoslavie.
C'est au début des années 80, à Poperingue (Flandre Belge), que je découvre Dusan Matic par le biais d'Arno Hintjens qui lors d'une interview que j'effectue pour une radio libre me livre la signification du nom de son groupe d'alors T.C. MATIC : T. pour le 'Tjens de son nom de famille HinTjens, le C. pour Couter du nom de famille de Paul Couter, le guitariste avec lequel successivement il a formé les groupes Freckleface, Tjens-Couter et T.C. Band (première véritable mouture de T.C. Matic) ; et enfin MATIC. en hommage au poéte serbo-croate et à un bouquin de ce dernier qui l'a marqué BAGDALA.
Ainsi, à mon tour, j'ai découvert Dusan Matic et sa poésie que je tiens pour l'une des plus belle qu'il m'a été offert à lire jusqu'à ce jour.
Ch.Edziré Déquesnes-le17 avril 2006-
LUI : (Ratata)
Bientôt maintenant 50ans.
J'ai toudis m'gihfe dans la fosse des pendus du peuple. Tu as mis tes deux jolis seins au balcon de la bienpensance et j'ai pour toi, histoire de jouer l'aggravation, une idée pa-driére l't:éte, in goules chaù ghile in acoutant Goodbye Pork Pie Hat de Charlie Mingus.
M'tante tatabraïette bérdoulle coére dé kacoules é-pi li, Mononcle Pau i foét incor l'groù pourchio acq s'painche ploénne ed whiskey.
Alors dans la fente de la boîte aux lettres, aux visages de Miloud et Philippe, je glisse mon RATATA d'amour.
(arrêt sur photo : porte de la maison d'arrêt de Charleville-Mézière ).
Elle : (Bye Bye Till The Next Time)
Qu'est ce que c'est ? Quoé chaù n'ét ? Qu'est ce que c'est ? Quoéche ? Quoéche ? Mon amour, Victoire où es-tu ? Qu'est ce, Qu'est ce que c'est qui ruisselle dans mon coeur ? Mon amour, Laure, où es-tu ? Quoéche ? Quoéche qui se passe là ? Qu'est ce qui ruisselle dessous mes yeux ? Mon amour, Marie, où es-tu ? Quoé qu'est-ce ? Quoé qu'est-ce chaù n'ét ? Qu'est ce qui ruisselle sur mon âme ? Ou est-elle, Vot' thiote seuseure ?
Lui : (Il est tombé du ciel)
Oh ! oui, ma belle sur le papier on ne dit pas la même chose. Oui, ma jolie sur le papier tu ne lis pas les mêmes choses (et bien d'autres encore comme le chantait Hervé, le Désaxé.) C'est le temps du temps différé de celui qui déversifie le geste de l'échange. Gestes de l'échange qui dessinent les véritables contours de mes paroles pesées.
Elle : (Meet The Freaks)
Bleuse splozhon ! ...pour la danse de chaise. Danse, danse sur la chaise. Le cul assis sur la chaise de danse ; danse sur la chaise... SPLOZHON !
Lui : (Les yeux de ma mère)
Seul, ce matin papa est resté rue de Lambres. Dans l'ambulance qui roule dans le brouillard, Frédéric, mon jeune frére et, à ses côtés, ma mère ; elle pars au grand hôpital de la grande ville. Et le chauffage au gaz, rue de la gare tombe en panne.
Elle : (Act Like A Dog)
Sam, ton chien noir, dort dans les dunes de Zuydcoote. Allongé dans la cuisine de l'appartement à Teteghem , tu l'étouffes encore Sam ; tes propres mains pressent l'oreiller. Par le milieu de nuit, pour écourter la saloperie d'agonie lente, visceuse et pas moyen alors aussi de t'acheter du vétérinaire.
Lui : (You Got To Move by Mississipi Fred Mc Dowell)
Une chanson peut-elle sauver l'existance d'un homme ? Serait-il devenu fou, racaille, créance de sang l'adolescent d'Ostende ? Et si il n'avait pas acheté un harmonica et appris à jouer dessus You Got To Move, Little Red Rooster de Willie Dixon et Gimme That Harp, Boy de Don Van Vliet ? Nous ne serions pas là ensemble.
Elle : (Chic et pas cher)
AU NOM DE LA LOI. AU NOM DE TA LOI.
Rendez moi les chéris, mes vrais héros de pacotilles ! Je veux du Joss Rendall (du dur et bien ferme!) avec en prime Bronco Billy. Jouer à la June Carter et que tu m'embrasses comme Cash Johnny.
Lui : (Le Java)
Enfants de tout, enfants de rien, enfants de putains, enfants de feu que seront les derniers mots des maux au grand final? Avec vous, June, je désire poursuivre la danse de LAVER MARIA ! (bleu pour Mémé, bleu pour pépé...)
Elle : (Lola)
J'ai le bout de mes seins "tout comme ça"... maintenant que fais-t-on ?
Lui : (With You)
J'ai connu, vécu, ça aussi dans le temps (Jin luk iin pére vind-ti coére du chuke ?) et toujours aujourd'hui.
Elle : (Mon sissoyen)
Pareil à un coup de biloute amoureuse au milieu de la nuit des chiens de prairie. C'est ma prière...
Lui : (In Love avec une D.J)
Je ne sais pas aujourd'hui (le14/11) qu'hier (le 20/11) la D.J d'Amiens, me fait écouter du rock et de la pop-music made in Russia. Instant fugace de p'tit bonheur la danse.
Elle : (Bathroom Singer)
Reviens sous la douche et chante moi quelque chose comme du Mike Brant ou du FrédéricFrançoise à la sauce Grande Ducasse de Gayant.
Lui : (Françoise)
Danse, danse "ma Française" comme une "Layla Nee-ohnee" de Flandre.
Elle : (Amor)
Mini-jupes fendues, longs ongles noirs et avec un plouc de Picardie pour parfaire l'étude et la connaissance de quelques goûts de langues étrangères. Mais ne pas demeurer "capitale", histoire de finir en lettres de PROVINCE aux creux de vos bras, mon cher.
Lui (là, il ne parle plus, il se souvient) : (O la la la !)
"...ça m'intrigue des mots comme mama, papa... pa...pa...parce que c'est les premiers mots que gens disent et ça m'intrigue ça parce que moi, on dit, que la premiére fois j'ai dit lala. Et ça m'intrigue... et dans le temps j'ai voulu faire faire un groupe Lala mais les autres ne voulaient pas alors j'ai fait une chanson "la la"... "
Elle : (Putain Putain )
On sait que c'est la même chose, que rien n'a vraiment changé ; la jeunesse - zone Nord/Sud- pour se sentir exister dans le hurlement continu de l'argent géniteur de virtuel ne sait que consommer ou détruire ; on sait putain ! putain ! que c'est la même chose. Génération portable, génération jetable. Génération mobile, génération clouée. Ouvrez! Ouvrez les portes des abattoirs, que le repas commence!
Lui : (Je veux nager)
Encore une fois avec toi et m'y nettoyer, m'y noyer.
Elle : (Les filles du bord de mer)
Comme à Ostende.
Comme en Avalon.
novembre 2006/version corrigée et définitive 08-04-2006

1 Comments:

Blogger Raphaël Zacharie de Izarra said...

Un texte peu connu de Paul Eluard

L'ECLAT DES BLES

Je marchais en direction des blés, le regard instinctivement attiré par l'azur. Juin chauffait la campagne, l'espace était rayonnant. Une colline devant moi rejoignait le ciel. Je la fixai tout en ralentissant légèrement le pas. Soudain un vent emporta mon esprit en direction de hauteurs inconnues.

Je fis un voyage extraordinaire, debout, pétrifié, les pieds bien posés sur le sol.

La tête ailleurs, je partis je ne sais où. Tout y brillait d'un éclat mystérieux. Un autre soleil pareil au soleil éclairait ce monde. Et je vis la colline, la même colline qui me faisait face. Mais avec une perception différente. La colline était vivante, je sentais en elle une essence vitale, une respiration intérieure. Elle échangeait des pensées supérieures avec l'azur qui lui aussi semblait imprégné de vie. Très vite je m'aperçus que toutes choses communiquaient avec l'ensemble du monde en se faisant passer entre elles un souffle universel plein de sagesse.

Les blés à côté de la colline formaient un choeur de millions de voix suaves, chaque tige ayant son chant propre, accordé avec tous les autres. La terre sous ces blés psalmodiait je ne sais quel étrange cantique. Le ciel avait pris un autre sens. Le bleu le définissait et je ne le nommais plus ciel mais le nommais Bleu. Les oiseaux dans les airs prenaient un prix infini. Créatures éternelles, rien ne pouvait les corrompre et leur vol se prolongeait dans des immensités sans fin.

Tout cela était à la fois tangible et impalpable, présent et invisible, proche et insaisissable.

Je redescendis aussi vite en moi que j'en étais sorti. Je me retrouvai les pieds toujours bien ancrés sur le sol, me réadaptant à la lumière du soleil habituel, qui me parut terne.

Dubitatif, perplexe et à la fois parfaitement convaincu de la réalité suprême de cette curieuse, inexprimable expérience que je venais de vivre, j'avançai vers le champ de blés comme si je devais poursuivre ma flânerie.

Poussé par une puissante intuition, je tendis la main vers une gerbe de blés pour la saisir.

Un éclair illumina ma main et la rendit transparente un bref, très bref instant. Si bref que l'oeil de la mouche l'a déjà oublié et que le soleil en doute encore.

Paul Eluard

2:38 PM  

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